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Permettre aux enfants hospitalisés de garder contact en toute sécurité


Après avoir été chef de la direction d’une entreprise, je me consacre maintenant à la sécurité et au mieux-être social des enfants hospitalisés.

J’ai commencé à me préoccuper de la santé des enfants hospitalisés en 2002, lorsque ma fille, Christina, a failli succomber au syndrome de choc toxique. Le jour de la Saint-Valentin, Christina est soudainement tombée gravement malade et est entrée d’urgence à l’hôpital McMaster pour enfants à Hamilton. Elle y est demeurée dix jours, dont sept aux soins intensifs. Comme parent, notre principale préoccupation était de savoir si notre enfant allait s’en sortir. À ce moment-là, le médecin pouvait seulement nous dire : « Il est trop tôt pour se prononcer. »

Cette expérience avec Christina et, malheureusement, une autre survenue en 2004 lorsque l’une de ses bonnes amies, Katy McDonald, est tombée malade et est décédée d’un cancer, m’ont beaucoup appris sur l’isolement des enfants hospitalisés. Aujourd’hui, de nombreux moyens permettent aux enfants de communiquer entre eux et de partager des renseignements personnels, sans trop se soucier de la sécurité. Étant donné l’omniprésence des réseaux sociaux, je trouve important de permettre aux enfants hospitalisés de garder contact en toute sécurité.

Une fois Christina rétablie, je souhaitais faire quelque chose à cet égard et j’ai fondé la Kids’ Health Links Foundation. Presque en même temps, nous avons formé un partenariat avec TELUS qui a mené à la création d’Upopolis. Il s’agit d’un réseau social privé sécurisé grâce auquel les enfants hospitalisés peuvent garder contact avec leurs amis, leur famille, leur école et d’autres enfants malades qui vivent la même expérience qu’eux.

Voici seulement un exemple qui démontre pourquoi il est si important que les enfants hospitalisés puissent communiquer avec les autres. Pendant qu’il faisait du bénévolat dans le cadre d’un projet de construction en Haïti, un jeune homme a eu un accident qui allait changer sa vie. Il a subi un traumatisme de la moelle épinière en tombant d’un toit, ce qui l’a amené à physiquement dépendre entièrement des autres. Il est revenu au Canada, où sa réadaptation a duré 11 mois, pendant lesquels il se trouvait à deux heures de route de ses amis et de sa famille. Il a commencé à se sentir seul et à s’isoler des autres. Grâce à Upopolis et à quelques appareils spécialisés, sa vie pendant sa réadaptation a changé du tout au tout. Il a pu s’entretenir avec ses amis et sa famille sans que d’autres personnes aient à taper le texte pour lui. Il a finalement commencé à parler de son accident et de ses sentiments au moment où il a appris qu’il ne pourrait plus jamais marcher. Il a également pu communiquer avec d’autres adolescents ayant aussi subi des traumatismes de la moelle épinière. Ce soutien d’autres jeunes a transformé sa vie. Aujourd’hui, il fait partie de l’équipe nationale de basket-ball en fauteuil roulant des moins de 23 ans, qui regroupe d’autres adolescents et jeunes adultes ayant subi des lésions semblables.

Aujourd’hui, Upopolis est en place dans les établissements suivants :

  • The Hospital for Sick Children (SickKids), Toronto, Ontario
  • Centre de santé mentale pour enfants Lutherwood, Kitchener-Waterloo, Ontario
  • Hôpital McMaster pour enfants, Hamilton, Ontario
  • Centre de santé IWK, Halifax, Nouvelle-Écosse
  • BC Children’s Hospital, Vancouver, Colombie-Britannique
  • Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, Ottawa, Ontario
  • Hôpital de réadaptation pour enfants Holland Bloorview, Toronto, Ontario
  • Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine, Montréal, Québec
  • Hôpital pour enfants du London Health Sciences Centre, London, Ontario
  • Centre Emily’s House, Toronto, Ontario 

http://youtu.be/tA5pRw6qjH4

En 2014, Upopolis sera lancé dans trois établissements de Terre-Neuve-et-Labrador :

  • Centre de santé mentale et de toxicomanie pour les jeunes d’Eastern Health, Paradise
  • Centre de santé mentale et de toxicomanie pour les jeunes de Central Health, Grand Falls-Windsor
  • Janeway Children’s Health and Rehabilitation Centre, St. John’s 

Le contact social est un outil thérapeutique important pour nos enfants hospitalisés. Je me sens privilégié de diriger la mission qui consiste à leur permettre de le faire en toute sécurité.

Basile Papaevangelou est président du conseil et fondateur de la Kids’ Health Links Foundation.