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Partager l’information pour améliorer les soins de santé


« Comment pouvons-nous sauver le plus de vies? »

Durant sa conférence inspirante lors du tout premier événement TELUS Health Talks en novembre, le Dr Farzad Mostashari s’est demandé pourquoi les organismes de santé du monde entier ne se posent pas cette question quotidiennement.

« Nous faisons beaucoup de choses, a-t-il déclaré, mais lesquelles devrions-nous privilégier pour sauver des vies? »

De la médecine sans papier

À titre d’ancien coordonnateur des technologies de l’information sur la santé du président Obama, le Dr Mostashari sait comment inciter les organismes de soins de santé à améliorer les résultats pour la santé. Selon lui, l’une des premières mesures à prendre pour améliorer ces résultats est d’utiliser davantage le dossier médical électronique (DME).

Les chiffres semblent lui donner raison. Lors d’un sondage réalisé en 2012 auprès de médecins de soins primaires, le Fonds du Commonwealth a constaté que plus de 90 pour cent des médecins exerçant au sein des cinq systèmes de santé les plus performants se servent du DME.

Utilisation des DME par les médecins dans leur pratique en 2009 et en 2012

Source : Enquête internationale sur les politiques de santé du Commonwealth Fund auprès des médecins de première ligne, 2009 et 2012.

Source : Enquête internationale sur les politiques de santé du Commonwealth Fund auprès des médecins de première ligne, 2009 et 2012.

Le Canada incite depuis longtemps les médecins et les hôpitaux à adopter le DME. Les résultats du plus récent Sondage national des médecins indiquent un taux d’adoption de 75 pour cent, soit le triple du taux observé en 2007. Le Canada n’est pas le leader mondial à ce chapitre, mais il est en train de combler son retard, et les médecins s’en rendent compte : 65 pour cent d’entre eux ont constaté une amélioration, à divers degrés, de la qualité des soins depuis la mise en œuvre du DME, une augmentation de neuf points de pourcentage par rapport à l’an dernier.

Tout repose sur la connectivité

Le Dr Mostashari compare les subventions accordées pour la mise en œuvre du DME à l’achat d’un piano : « Avoir l’instrument ne signifie pas qu’on entendra de la musique. » Très franchement, la seule adoption du DME par tous les établissements de soins médicaux ne suffit pas pour améliorer la santé.

En soi, le DME est un système de classement, de stockage et de consultation de données très pratique. Les améliorations qu’il permet d’apporter à l’efficacité et à la qualité des soins sont au mieux négligeables. Toutefois, lorsqu’un système est exploité de concert avec d’autres éléments du réseau – c’est-à-dire quand il est relié à d’autres cliniques, hôpitaux, laboratoires et pharmacies ainsi qu’au domicile du patient – il peut atteindre son plein potentiel.

Faire le suivi des données pour sauver des vies

En fait, le DME facilite le suivi d’un grand nombre d’indicateurs de rendement. Grâce aux programmes d’encouragement appropriés, les données de ces systèmes peuvent contribuer à l’amélioration des résultats pour la santé à l’échelle de la population.

Vous souvenez-vous de ces pays très performants? Il y a de nombreuses années, leur gouvernement respectif a confié aux organismes de gouvernance des soins de santé le mandat précis de mesurer les indicateurs de rendement clés et de mettre en place de nouvelles normes contraignantes en matière de soins.

Pour y arriver, les praticiens ont utilisé le DME pour assurer un suivi et, surtout, pour améliorer le rendement dans d’importantes catégories telles que la prise en charge des maladies chroniques, les temps d’attente, le dépistage et la gestion participative des patients.

Avec un peu d’encouragement, ces professionnels se sont assis au piano et ont appris à jouer une magnifique mélodie. Sans grande surprise, la santé de la population s’est ensuite améliorée.

Aujourd’hui, nous avons les moyens technologiques de fournir aux Canadiens des soins d’une plus grande transparence, plus sûrs et de meilleure qualité. Lisez la description qu’une infirmière en santé familiale fait de l’incidence de la connectivité et de l’accès aux données sur sa pratique et les patients des collectivités qu’elle sert. Imaginez comment de tels résultats peuvent être décuplés lorsque toutes les parties du continuum des soins de santé peuvent se connecter et collaborer en toute sécurité.