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Les défis du choix du consommateur dans les services de programmation télé


Le service Télé OPTIK de TELUS secoue le marché canadien en ce qui a trait aux abonnements à la télé.

TELUS a lancé son service de télévision IP voilà à peine quelques années et les abonnés s’y précipitent en foule, leur nombre ayant déjà atteint plus de 678 000 dans la courte période qui a suivi le lancement commercial. Les raisons d’aimer le service Télé OPTIK ne manquent pas : c’est un service cool, entièrement numérique, offrant la meilleure qualité vidéo et audio ainsi que de multiples fonctions, mais l’une des principales raisons qui décident les consommateurs à l’adopter est qu’il leur permet de mieux choisir les services qu’ils souhaitent recevoir et pour lesquels ils sont prêts à payer.

Il ne fait aucun doute que les consommateurs veulent avoir le choix et c’est encore plutôt rare dans le domaine des services de télévision.

Le conflit entre le choix du consommateur et les mesures réglementaires établies par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour régir le système de radiodiffusion canadien et la création de contenu canadien n’est pas nouveau. Pendant des années, les Canadiens ont été déçus de ne pas pouvoir accéder aux services étrangers comme HBO ou d’être dans l’impossibilité de regarder la publicité américaine pendant le Super Bowl. Mais, ces restrictions réglementaires ont permis aux services de programmation de télévision canadienne de s’épanouir et de se multiplier. Ainsi, malgré l’assaut de la programmation étrangère, il y a encore une place de choix pour notre propre programmation locale. La place ne manque pas, des centaines de services de programmation de télévision canadiens sont actuellement offerts aux consommateurs canadiens. Le système de radiodiffusion canadien se classe bien au-dessus de sa catégorie si l’on considère le rapport entre le nombre de services de programmation canadiens et la population clairsemée à travers le pays. Ces services canadiens sont offerts en plus du grand nombre de services de télévision étrangers dont la distribution est autorisée au Canada, sans oublier les nombreuses autres sources de contenu télévisuel offertes sur Internet par Netflix, Apple, Google et de bien d’autres.

Les Canadiens ont plus de choix que jamais auparavant en matière de services de programmation qu’ils peuvent regarder, mais ils continuent d’être préoccupés par leur liberté de choix. Cependant, la préoccupation ne porte plus tant sur la capacité pour les consommateurs d’accéder au contenu qui les intéresse que sur la possibilité de payer seulement pour les services qu’ils veulent vraiment. Cela est sans contredit le plus grand défi actuel du système de radiodiffusion canadien et de nombreuses instances en cours devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) forcent la tenue de cet important débat de politique publique.

Le modèle Télé OPTIK de TELUS, qui offre un forfait de base très réduit auquel les consommateurs peuvent ajouter de petits groupes thématiques de services de programmation discrétionnaire, tente d’optimiser leur choix. L’offre d’un plus grand choix et d’une plus importante flexibilité dans le regroupement des services de télévision constitue une approche très différente du modèle de câblodistribution traditionnel qui propose un grand ensemble de base, c.-à-d. un grand nombre de services de programmation dans l’ensemble de base avec un choix parmi de nombreux grands ensembles de services de programmation additionnels. Ces grands ensembles contiennent un ramassis de nombreux services de programmation rassemblés sans thème ni raison qui frustrent n’importe quel client qui ne veut pas payer pour des services dont il n’a pas besoin et qu’il ne regardera jamais.

Avec le service Télé OPTIK, si un abonné aime la programmation de nouvelles et d’affaires courantes, il existe un forfait thématique qui comprend exactement les services pertinents à ce champ d’intérêt. L’abonné aime les sports? Certains forfaits thématiques ne regroupent que les services de sports. Il recherche une programmation familiale? Un forfait thématique couvre ce domaine. Et ainsi de suite. Il n’est jamais obligatoire de s’abonner à aucun forfait thématique et les consommateurs ont ainsi beaucoup plus de contrôle sur les services de programmation qu’ils reçoivent et pour lesquels ils paient avec le service Télé OPTIK.

Mais tandis que les consommateurs adorent la flexibilité que leur offre le service Télé OPTIK, les services de programmation distribués par Télé OPTIK sont moins enthousiastes. Pourquoi les services de programmation sont-ils réticents envers cet exercice du choix du consommateur? Parce que l’exercice du choix des consommateurs signifie que moins de services entrent à la maison; ce qui fait que certains services de programmation moins populaires génèrent des entrées plus faibles en revenus d’abonnement ou de publicité, ou les deux. C’est un fait que les nombreux services de programmation canadiens sont soutenus depuis longtemps par un genre de schéma de vente liée, qui au départ était exigé par le règlement, dans lequel les nouveaux services profitaient de l’avantage d’être intégrés, et donc liés, à des forfaits comprenant des services plus populaires. Cette situation a produit d’étranges exigences commerciales pour les consommateurs, du genre : « Vous voulez TSN? Vous devez aussi vous abonner à la chaîne Maison et jardin pour l’obtenir. »

Toutefois, la plupart de ces anomalies de forfait ne peuvent plus être attribuées à la réglementation du CRTC. Les exigences rigoureuses des forfaits auxquelles tous les distributeurs, y compris Télé OPTIK, sont soumis résultent plutôt de l’exercice d’un pouvoir sur le marché par les grands conglomérats médiatiques très concentrés qui possèdent tous les principaux services de programmation canadiens. Ce qui n’arrange rien, c’est que ces groupes concentrés de services de programmation sont également la propriété des plus importants distributeurs, ils sont donc en mesure de dicter les conditions du marché, surtout à des distributeurs indépendants comme TELUS. Dans un futur blogue, je parlerai davantage des préoccupations importantes liées à l’intégration verticale.

Mais le CRTC n’est pas encore complètement sorti du tableau, il reste des règles qui entravent les choix des consommateurs. Certaines règles relatives à l’assemblage demeurent, en particulier celles qui concernent les services dans une troisième langue. Le CRTC dispose de règles particulières pour protéger les services dans une troisième langue au Canada. Dans le cas de services qui diffusent dans des langues autres que l’anglais et le français, le CRTC exige que les Canadiens s’abonnent à un service canadien dans cette langue avant de pouvoir s’abonner à un service étranger. C’est pourquoi les abonnés de Télé OPTIK qui veulent recevoir le service étranger en italien RAI Italia doivent également s’abonner au service canadien en espagnol et en italien Telelatino Network (TLN). Mais TLN possède d’autres services qui diffusent en italien et, si elle obtient gain de cause dans une plainte récemment déposée auprès du CRTC contre TELUS, en plus de devoir s’abonner à TLN, les abonnés de Télé OPTIK qui veulent recevoir RAI Italia devront s’abonner à un autre service en italien qui est la propriété de TLN. Si le CRTC donne gain de cause à la plainte de TLN, les abonnés de Télé OPTIK devront prendre deux services de programmation canadiens juste pour recevoir un service étranger. TELUS est très préoccupée par cette tentative de TLN de forcer les consommateurs à devoir acheter deux fois plus de services canadiens pour recevoir un seul service de programmation étranger. Vous trouverez les commentaires de TELUS au sujet de cette plainte ici.  La décision du CRTC au sujet de cette plainte est en suspens.

De surcroît, le CRTC envisage des incursions assez importantes dans le choix du consommateur dans le cadre d’une instance à venir au sujet des ordonnances de distribution obligatoires. Le CRTC a le pouvoir d’accorder les ordonnances lorsque des services de programmation doivent être distribués à tous les abonnés aux services télé dans le cadre du forfait télévision de base qui doit être distribué par tous les fournisseurs de services par câble, par satellite et par TV IP. De telles commandes ont été émises par le passé et demeurent en vigueur. En voici quelques exemples : CPAC, Accessible Channel, TVA et APTN pour n’en mentionner que quelques-uns. Maintenant, le CRTC examinera les demandes de 22 services de programmation pour un traitement semblable. Certaines de ces demandes concernent de nouveaux services comme la proposition d’une chaîne de films entièrement canadiens ou une chaîne interactive visant les jeunes canadiens. D’autres demandes portent sur des services existants qui recherchent simplement une protection réglementaire pour assurer leur succès commercial.

Si l’un ou l’autre de ces services se voit accorder des commandes de distribution obligatoire, cela signifie que tous les abonnés au service télé au Canada seront forcés de recevoir ce service et d’en payer le prix. TELUS a été parmi les 13 000 participants à remplir un formulaire de commentaires écrits dans cette instance. TELUS participera également à l’étape des plaidoyers oraux des audiences du CRTC qui doivent commencer le 23 avril. Dans l’ensemble, TELUS s’est opposée aux demandes de distribution obligatoires. TELUS ne voit pas de problème en ce qui concerne la plupart de ces services et espère même qu’ils soient autorisés pour fournir aux Canadiens encore plus de diversité dans les services de programmation. TELUS s’oppose simplement à ce que ces services, et leur coûts, soient imposés aux abonnés. Dans sa soumission au CRTC dans le cadre de cette instance, TELUS dit que si le Conseil oblige le consommateur à acheter trop de services dans son forfait télé réglementé, cela l’amènera à sortir du système réglementé pour le conduire vers d’autres solutions d’accès au contenu qui ne contribuent aucunement au système de radiodiffusion canadien. TELUS presse le Conseil d’examiner attentivement les avantages potentiels de ces ordonnances de distribution obligatoires par rapport au risque d’affaiblissement des abonnements du système réglementé.

La position de politique publique de TELUS trouve son origine dans ce que nous voyons sur le marché. Les consommateurs ne tiennent pas à être forcés d’accepter quelque chose dont ils ne veulent pas et certaines recherches de marketing sur le marché consommateurs indiquent que ces derniers éviteront les contraintes à leur liberté de choisir même s’ils doivent payer un prix un peu plus élevé pour avoir davantage de choix.

Dans un avenir proche, le CRTC prendra de nombreuses décisions qui auront des répercussions directes sur les consommateurs et sur le principe du choix, qu’il s’agisse de sa décision en ce qui a trait à la plainte de TLN contre le service Télé OPTIK dont nous avons parlé plus haut, de l’audience concernant les ordonnances de distribution obligatoires ou de l’audience à venir au sujet de la demande d’acquisition d’Astral Media par Bell qui consoliderait encore plus la position de cette dernière comme joueur dominant du système de radiodiffusion canadien. TELUS espère sincèrement que le CRTC écoutera les consommateurs, car, pour adopter la bannière d’une autre campagne reliée, « vous méritez plus »… de… choix.